De la 507 au Z8 ...
 
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Aujourd'hui retiré des chaînes de fabrication, le roadster Z8 serait vraisemblablement bientôt remplacé par le Z10. Revenons un peu sur ce prestigieux roadster qui fait référence au passé en reprenant le style 507 et revenons également sur le 507, mythique modèle de la marque.

De la 503 au 507 en passant par la 502

A la base conçue pour conquerir le marché américain, le 507 etait un modèle peu diffusé, il etait la perle des BM d'après guerre.

La genèse de la 507 débute par le désir de Max Hoffman de disposer sur le marché d’outre-Atlantique de deux voitures de sport équipées du V8 BMW de 3,2 litres. L’une sera construite sur le châssis de la berline 502, afin d’être prête rapidement : ce sera donc une quatre places, la future 503. Quant à la seconde, elle se voit attribuer une définition plus sportive et toute liberté de création est laissée à ses concepteurs : ce sera la 507. En fait, les deux voitures seront prêtes en même temps et elles auront la même durée de vie (1956-1959).

Leur design est confié au styliste Albrecht Goertz, émigré comme Max Hoffman aux Etats-Unis et qui passera à la postérité grâce à ces deux créations.

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Proposée en coupé et cabriolet 2 + 2, la 503 reçoit l’empattement de 2,83 mètres de la 502. Très luxueuse, elle bénéficie d’une carrosserie en aluminium, de vitres électriques et, pour la première fois en Allemagne, d’une capote également électrique (pour le cabriolet). Elle sera construite à 412 exemplaires (273 coupés et 139 cabriolets), malgré un prix de vente très supérieur à celui de la 507.

LE ROADSTER 507

 

Albrecht Goertz a donné libre cours à son inspiration pour donner naissance avec la 507 à un roadster d’exception – pour lequel l’empattement de la berline a été raccourci à 2,48 mètres. Précisons néanmoins que le styliste s’est trouvé en concurrence avec le projet développé de sa propre initiative par Ernst Loof. Carrossée chez Baur à Stuttgart, la voiture de ce dernier a été proposée à BMW. Mais elle n’a pas convaincu les dirigeants de Munich, ce qui n’a rien de surprenant compte tenu de ses formes molles et disgracieuses.

En septembre 1955, la 507 fait sensation au Salon de Francfort, dont elle constitue l'attraction avec la 503. Un succès qu’elle doit à sa ligne admirable. Pourtant, elle ne rencontrera pas outre-Atlantique l'accueil escompté et l'histoire de cette superbe voiture se soldera par un échec commercial. Pas plus de 254 exemplaires (et non 252 comme souvent indiqué) verront le jour entre novembre 1956 et juin 1959.

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Pur roadster, la 507 apparaît comme une stricte deux places. La carrosserie en aluminium à la forme fuselée paraît plus longue qu'elle n'est en réalité avec ses 4,38 mètres. Mais le dessin suggère un tel dynamisme que, même à l'arrêt, la voiture donne une impression de vitesse. Le mouvement de vague du profil, qui s'incurve au niveau des portières, paraît ainsi très évocateur. Arc-boutée sur ses imposantes roues de 16 pouces, elle suggère le déchaînement de la puissance et des performances de bête de course, les passages de roues largement échancrés mettant l'accent sur la fonction première de la machine.

La 507 hérite du V 8 à 90° de 3,2 litres de la 502. De type super carré, ce bloc est entièrement réalisé en alliage léger – mais sa distribution se contente d’un arbre à cames latéral. A la différence de la berline, qui reçoit un seul carburateur double corps ( 120 ch à l’origine), la 507 bénéficie de deux carburateurs double corps Zenith. Avec un taux de compression porté à 7,8, la voiture développe 150 ch DIN. Observons que les derniers exemplaires produits de la 503 disposeront de cette même version du V8 BMW, après que le modèle a été limité à 140 ch (avec un taux de compression de 7,3). Par ailleurs, une version américaine de la 507 a été développée avec un moteur poussé à 195 ch à 5800 tr/mn (taux de compression de 9 à 1).

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DE LA 507 AU Z8

Surenchère facile pour les uns, modèle d'exception pour les autres: le roadster Z8 n'a pas fini de partager les avis. Mais peut-on raisonnablement reprocher au studio Designworks de BMW à Los Angeles d'avoir établi un lien fort avec la 507, l'une des voitures les plus mythiques de la marque de Munich. Albrecht Goertz, auteur de la 507 ne dit-il pas lui même aujourd'hui que si on lui avait confié le dessin du Z8, il aurait abouti à un résultat semblable. Un hommage à Chris Bangle qui, en sa qualité de patron du design, a validé les formes fuselées et musclées de la Z8 et les cotes quasi semblables à celles de la 507.

Innovante, la structure de la Z8 se compose d'un treillis en aluminium et de tôles à haute résistance réalisées dans le même métal et qui font office de charpente. Chaque élément peut être vissé et donc facilement remplacé. L'aluminium confère à la Z8 une rigidité remarquable tout en allégeant la voiture. Inconvénient, les grosses réparations de carrosserie ne pourront se faire qu'à l'usine, les concessionnaires ne disposant pas de l'outillage sophistiqué nécessaire. L'aluminium colonise aussi les trains roulants et les jantes de 18 pouces.

La mécanique Z8 est exceptionelle puisque ce roadster recoit le V8 du M5 de 4941 cm3, lui procurant 400 ch à 6600 tr/mn !!

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Pour conclure le Z8 est bien le digne heritier de la 507, ces deux roadsters mythique sont maintenant des collectors, avis aux possesseurs ...

Fab, bmwzclub.